mardi 5 juin 2018

THE SHOW (ROOM) MUST GO ON !


Val et Piet, froidement abattus (Photo : Yannick Perrin)
Val et Piet vont désormais rester allongés sur le sol du chantier abandonné... aux courants d'air. Le diktat gouvernemental trace* aura gommé leurs empreintes et il ne restera que des cendres virevoltantes dans la mémoire des spectateurs.
La dernière de Diktat a été donnée au Théâtre du Chêne Noir, à Avignon en mars dernier, et nous n'aurions jamais osé imaginer pareil scénario. L'aventure de Diktat nous a apporté énormément de joies et de bonheurs au fil des représentations. Ça n'avait pourtant pas commencé sous les meilleurs auspices puisque les deux premières avaient eu lieu dans les circonstances tragiques de l’attentat contre Charlie Hebdo (dont nous nous étions fait l’écho sur ce blog).

Cette timide année 2015 nous avait fait craindre le pire puisque, de fait, nous n’avions que très peu joué cette pièce d’Enzo Cormann. La programmation de la plupart des festivals était bouclée et nous arrivions un peu tard. Heureusement, tout s’est régularisé en 2016 puis en 2017 pour terminer à Avignon en 2018. L’aventure aura duré trois ans.


Olé !
Après quelques recherches de nouveaux textes, nous avons eu un réel coup de foudre pour ce qui nous semble être un bijou : « Show room – nouveau drame », une pièce de Suzanne Joubert, auteure contemporaine à la plume incomparable. Show room nous conte le destin pour le moins original et comiquement désespérant d’un couple habitant dans une ville du Pas-de-Calais. Si le texte est truculent, le fond n’en demeure pas moins porteur de questions quant à notre époque chaotique dans laquelle chacun se bat individuellement et avec plus ou moins de succès pour tenter de survivre. Mais tout cela est traité sur un ton des plus burlesques étayé par une écriture profondément jouissive. On ne vous en dit pas plus pour le moment, mais si l'envie de découvrir ce texte est trop forte, sachez qu'il est édité aux Solitaires Intempestifs.
Affiche Show room

Une nouvelle pièce donc, dont les premières sont d’ores et déjà programmées les 15 et 16 mars 2019 à l’espace culturel de Fayence. Cela nous laisse juste le temps de travailler assez pour vous offrir, nous l’espérons, un joyeux moment de théâtre, drôle et donnant à réfléchir (ça, on aime bien).
Et puisque nous sommes dans les nouveautés, nous avons également le plaisir de vous présenter notre nouveau site internet, flambant neuf. N’hésitez pas à aller le découvrir !

*Gouvernement trace opposé aux Tribes dans le texte



mercredi 5 juillet 2017

NARBONNE C'EST BONNARD !

L'affiche du 35ème festival
Avouons-le : aller jouer à Narbonne relevait sinon du rêve, du moins du challenge. Il est vrai que nous n’avions jamais fait acte de candidature à ce festival national, alors même que nous en connaissions bien sûr l’existence. Peut-être les critères de sélections antérieurs ne nous avaient pas permis d’envoyer un dossier…
Toujours est-il que le pas a été franchi avec Diktat qui a donc été sélection-née, comme 10 autres pièces sur 49 candidatures. Inutile de dire notre joie lorsque nous avons reçu le mail d’Annick Camblor nous informant de notre sélection. C’était en mars dernier.
Depuis, nous avons eu le temps d’y penser et hâte d’y être. Comme le Festival National de Théâtre Contemporain de Châtillon-sur-Chalaronne (où nous avons également joué en mai dernier), celui de Narbonne constituait pour nous une évidente récompense, une reconnaissance.


Hommage à Trénet sur les murs de la ville

Nous sommes donc arrivés dans cette belle ville chère à Trenet lundi 26 juin, sous une chaleur accablante. Annick nous accueille d’emblée avec un cadeau : une corbeille garnie d’une bouteille de vin, de petits pots de confitures… Un petit geste qui nous va droit au cœur et qui signe une convivialité bien agréable et un sens de l’accueil indiscutable. Ça commence bien !
Un banc pour Levoyer !Le programme du 26 juin 2017
Cette journée du lundi est consacrée à Gérard Levoyer, auteur de théâtre (entre autres) qu’on ne présente plus. Après Annick, c’est lui-même que nous rencontrons, juste après, dans la cour d’honneur de l’Hôtel de Ville, accompagné par son confrère Jean-Paul Alègre, parrain du festival, et son épouse, une autre Annick. Des retrouvailles bien sympathiques, puisque Jean-Paul nous avait dit tout le bien qu’il pensait de notre Diktat en septembre dernier au festival Sur Un Plateau, à Annecy. Une lecture des textes de Gérard Levoyer est faite en déambulation dans le centre de Narbonne, sous la houlette du « guide » Guy-Michel Carbou, du T.Q.S. (Théâtre des Quatre Saisons) et par ailleurs fondateur du festival de Narbonne… il y a 35 ans. Un moment bien agréable qui nous fait découvrir ou redécouvrir quelques pépites de Levoyer, lui-même auditeur assidu (aurait-il oublié ses propres écrits ?) de cette balade littéraire.

Guy-Michel Carbou lit Gérard Levoyer
Annick Camblor et Guy-Michel Carbou lisent Gérard Levoyer


Nous récupérons notre Gérard à nous, régisseur de la Cordée, en fin d’après-midi à la gare de Narbonne puis nous suivons une seconde déambulation littéraire toujours consacrée à Gérard Levoyer.

La prestigieuse Cour de la Madeleine dédiée au théâtre

Sachant que le Festival National de Théâtre Amateur de Narbonne se déroule dans la Cour de la Madeleine du prestigieux Palais des Archevêques, en plein air donc, les réglages lumières doivent impérativement être effectués la veille, après le spectacle du soir. Le plein air ! S’il en fait vibrer certains, j’avoue ne pas être un fan de la chose. Tellement aléatoire, tellement risqué ! Car oui, la pluie peut être alors synonyme d’annulation pure et simple de la représentation. Il n’y a pas de solution de repli. On le sait dès le départ, c’est dans le contrat. Et ce soir-là, justement, ce n’est pas terrible. On pense à la troupe qui doit jouer Brindezingues (de Gérard Levoyer), la Compagnie Accordage de Montpellier : la pluie ne cesse de tomber, la scène et les pendrillons sont détrempés ! Quel stress ! On compatit d’autant plus que la météo du lendemain n’est pas non plus de bon augure pour nous ! Mais les Dieux du théâtre devaient être au-dessus du Palais des Archevêques : une demi-heure avant le début de la représentation, la pluie cesse : Brindezingues sera jouée ! Et bien jouée, disons-le, devant un public quelque peu restreint à cause de la météo, mais néanmoins conséquent. Même si les deux comédiennes Maïthé de Goulet et Martine Palem sont justes et habitent leur personnage, il convient de saluer le formidable travail d’Éric Hepp, merveilleux Dom, plus vrai que nature : une réelle et belle performance.

L'affiche de Brindezingues par la Compagnie Accordage

En toute logique, le spectacle se conclut encore sous un tonnerre, mais pas de pluie cette fois : d’applaudissements, tout à fait mérités.
A nous de nous installer !
A cause du funeste plan Vigipirate, nous ne pouvons accéder à la Cour de la Madeleine avec le camion et la remorque qu’à partir de minuit ! La nuit va être courte ! Nous mettons les décors en place puis David et Jean-Pierre, les deux sympathiques et dévoués techniciens du festival positionnent les projecteurs pour nous. Les réglages se déroulent pour le mieux et Gérard peut entrer sa conduite en mémoire. De quoi se plaint-on ? A 3h30, on est au lit !

Réglages jusqu'au bout de la nuit !

Mardi 27 juin, jour J ! Nous sommes debout à 7h30 et oui, la nuit a été – bien trop – courte ! Mais réjouissons-nous, le ciel est bleu, il fait beau, il ne pleut pas !
N’ayant rien de particulier à faire avant de jouer, nous partons pour une promenade à Villerouge-Termenès, village médiéval dans le château duquel fut brûlé le dernier parfait cathare, Guilhem Bélibaste.

Villerouge-Termenès

Nous revenons à Narbonne en début d’après-midi pour une sieste indispensable pour être en forme le soir. Le ciel devient changeant, moins bleu, plus gris…
Sieste courte, mais néanmoins réparatrice. Ce regain d’énergie est évidemment contrarié par le ciel qui s’assombrit, le vent qui se lève… Il est déjà 18h et même si nous ne jouons que dans 4 heures, l’ambiance est à l’inquiétude.
Nous filons au centre de séjour pour le dîner, vers 19h et, pendant que nous mangeons, le ciel devient franchement noir avec un vent tournoyant. L’inquiétude fait place à l’angoisse : allons-nous pouvoir jouer ? Et dans quelles conditions ? Non, nous ne sommes pas arrivés jusque là pour annuler ! C’est impossible ! Non !!!

Jouer gouttes que gouttes !


Quand on sort de table, les premières gouttes commencent à tomber. Il est un peu plus de 20h. Nous filons vers la Cour de la Madeleine où, sous le pont des projos coule la scène ! Gérard tente de me rassurer en me montrant des petites taches de ciel bleu dans toute cette grisaille, mais j’ai du mal à y croire, je le reconnais.
Pourtant, la pluie finit par s’arrêter. David se donne du mal pour évacuer toute la flotte qui inonde la scène (heureusement, notre décor ne craint pas l’eau !) Le vent, en revanche, ne faiblit pas. Les pendrillons trempés virevoltent comme du linge qui sèche. Oui, le ciel s’éclaircit un peu. Pas franchement, mais un peu. Le problème, c’est que ce temps incertain va évidemment dissuader des spectateurs potentiels : pas franchement sympa d’aller au théâtre dans le vent et la pluie. Il est 21h et Gérard m’indique qu’il y a déjà une douzaine de personnes faisant la queue à l’entrée. Bon. Nous sommes costumés, maquillés, prêts. Les mêmes Dieux que la veille sont visiblement revenus : on va jouer !
Peu importe le vent ; Diktat se déroule dans un « chantier désormais abandonné… », par définition ouvert à tous les vents, alors ! Et puis le vent est un élément dramatique tout comme un autre, non ? Certes l’angoisse de voir valdinguer la palissade est présente tout le long du spectacle, mais les lourdes gueuses posées aux pieds sont efficaces.
Ta gueule, recule, stop, assieds-toi ! (Photo : Antoine Camblor)

Nous attaquons néanmoins cette 21ème avec l’enthousiasme habituel, même si le nombre de spectateurs constitue une petite déception. Mais comme le dira le Maire-Adjoint Yves Pénet à l’issue de la représentation, si le public n’était pas aussi nombreux que nous l’aurions souhaité, il était de qualité. Et c’est bien vrai. Dès le début, on sent une profonde attention, les spectateurs sont avec nous et il n’y a rien de plus jouissif que ça ! Nous aurons la confirmation de cette adhésion au salut, sous des applaudissements nourris, enthousiastes, qui se répéteront ensuite, dans la petite salle de réception où nous attendent une partie du public, les organisateurs, Yves Pénet, Jean-Paul Alègre, Gérard Levoyer et Patrick Schoenstein, président de la F.N.C.T.A. (Fédération Nationale des Compagnies de Théâtre et d'Animation) Nous recevons avec bonheur les multiples témoignages enthousiastes de ces personnalités puis nous est amicalement remis le « diplôme » de participation à cette 35ème édition du festival. Mais tandis que se poursuivent les conversations autour du verre de l’amitié, nous rejoignons vite Gérard pour démonter et recharger les décors dans la remorque : il faut vite laisser la place aux réglages du spectacle du lendemain !

Le plaisir des compliments à l'issue du spectacle

Puis nous rentrons pour notre ultime nuit narbonnaise, non sans avoir salué les organisateurs, leur travail et leur accueil irréprochable. Qu’ils en soient ici une nouvelle fois chaleureusement remerciés.
Nous reprenons la route le lendemain matin, avec la satisfaction de l’avoir fait, d’avoir pu le faire. Et visiblement, ça l’a fait.
Yves
On l'a fait !

Nous remercions Antoine Camblor pour ses
photos de Diktat dont quelques unes ci-dessous













mercredi 7 juin 2017

Retour en images sur notre festival de Châtillon-sur-Chalaronne

Fayence - Châtillon-sur-Chalaronne

Jugeant l'article précédent un peu léger en termes de photographies, voici donc quelques précisions illustrées de ce périple dans l'Ain.

L'attelage de la Cordée : Corine, Yves et Diarra
Petite pause sur l'autoroute A8 jeudi 25 mai dans la matinée.
Nous arrivons à Châtillon après un voyage sans soucis vers 15h30. Nous sommes accueillis par Philippe, puis par l'ensemble de l'équipe organisatrice.

L'ensemble des bénévoles organisateurs du festival
Photo : Émile Zeizig
Philippe Chignier nous accompagne au lycée professionnel où nous sommes hébergés, puis il est temps de filer à la salle des fêtes de Baneins (commune partenaire du Festival et proche de Châtillon) où nous parvenons tout juste à trouver des places pour assister au spectacle "Des fleurs pour Algernon" de Gérald Sibleyras d'après l'oeuvre de Daniel Keyes.
Un spectacle tout en sensibilité, par la Compagnie du Mascaret, et formidablement interprété par un comédien seul en scène, Didier Terqueux, qui emporte littéralement le public dans cette aventure scientifique vertigineuse. Un théâtre intelligent, fin, comme on l'aime, comme le Festival de Châtillon sait le mettre en valeur. Inutile de dire que nous vous recommandons ce spectacle si vous en avez l'occasion (La Compagnie du Mascaret est basée à Castelnau-le-Lez, dans l'Hérault)

Didier Terqueux, génial interprète dans "Des fleurs pour Algernon"
Photo : Émile Zeizig
Il est temps ensuite de gagner "le village" du festival pour le dîner, avant le spectacle du soir. Nous retrouvons là nos ami(e)s et auteur(e)s Arlette Fétat, Gérard Levoyer, Denis Marulaz, aux côtés de Bernard et Annie, Chantal et Guy Malécot, Jean-Paul, Françoise, Marie-Paule et les autres...


Un balcon à Châtillon

Le vendredi matin, nous nous baladons dans Châtillon qui est tout de même une petite ville bien sympathique, d'autant plus que nous avons la chance de la redécouvrir sous un chaud soleil.

Quelques vues de Châtillon

Diarra, régisseur de la Cordée, apprécie la communication du festival

Après être allés nous aventurer dans la campagne environnante, nous revenons à Châtillon où le restaurant "La Gourmandine", bordant la douce Chalaronne, a attiré notre attention. Nous ne le regretterons pas : un moment bien sympathique.

La Gourmandine, les pieds dans l'eau de la Chalaronne


Florent se battant avec les pendrillons pour les faire disparaîtreNous avons rendez-vous ensuite à la salle Gérard Maré pour planter notre décor et régler les éclairages. Là encore, le fait que nous puissions nous installer la veille de la représentation est un plus que nous apprécions grandement : pas de stress, pas de panique, on a le temps. On stressera d'autant moins que l'équipe technique en place, Hélène et Florent, sont d'une efficacité redoutable. Florent se mettra en quatre pour nous offrir un espace de jeu idéal, et tout cela avec un dévouement et une gentillesse qu'il convient de saluer. Encore merci à toi, Florent !

"Le chantier, désormais abandonné..." est prêt

Nous terminons tous les réglages et rejoignons le "village" pour le dîner puis descendons à l'Étoile pour le spectacle du soir. Il s'agit de la Fausse Compagnie (de Vendée) qui nous propose la pièce de Sylvain Levey "Ô ciel la procréation est plus aisée que l'éducation", une satire familiale bien enlevée dans laquelle on casse beaucoup de vaisselle. (A noter qu'avec cette pièce, la Fausse Compagnie a obtenu le Masque d'Or FNCTA.)

La Fausse Compagnie (85) dans "Ô ciel la procréation est plus aisée que l'éducation"
Photo : Émile Zeizig
A l'issue de ce spectacle, retour au "village" où nous est proposée une soirée cabaret par la Compagnie Croq'Sésame, d'Aix-les-Bains (73) dont le thème est "Brassens et les femmes". Un moment des plus sympathiques dans lequel nous retrouvons notre ami Guy Dieppedalle, mais qu'il nous faudra hélas quitter prématurément pour dormir un peu avant le jour J.

Guy et son acolyte pour un bel hommage à Monsieur Georges
Photo : Émile Zeizig
Samedi 27 mai. C'est le grand jour ! Nous rejoignons la salle Gérard Maré pour peaufiner l'installation. Tandis que Diarra finalise la mise en mémoire de la conduite, Corine et moi déroulons une italienne dans l'agréable parc de cet ancien hôpital. Il fait beau, nous sommes heureux de savoir que nous allons jouer à 14h.
Nous sommes prêts. Le public entre, massivement. Je le vois car je suis caché à côté des régisseurs, en haut. La salle est pleine : le bonheur ! Chantal Malécot présente Diktat, Enzo Cormann, la Cordée... Allez, c'est à moi ! J'y vais !

(Toutes les photos qui suivent sont d'Émile Zeizig) 


Diktat, 27 mai 2017 Châtillon-sur-Chalaronne

Diktat, 27 mai 2017 Châtillon-sur-Chalaronne


Diktat, 27 mai 2017 Châtillon-sur-Chalaronne


Diktat, 27 mai 2017 Châtillon-sur-Chalaronne

Diktat, 27 mai 2017 Châtillon-sur-Chalaronne

Diktat, 27 mai 2017 Châtillon-sur-Chalaronne

Diktat, 27 mai 2017 Châtillon-sur-Chalaronne

Diktat, 27 mai 2017 Châtillon-sur-Chalaronne

Diktat, 27 mai 2017 Châtillon-sur-Chalaronne

Diktat, 27 mai 2017 Châtillon-sur-Chalaronne

Diktat, 27 mai 2017 Châtillon-sur-Chalaronne

La représentation se déroule, le public est là, avec nous, attentif, pris par le drame. Nous tentons de profiter de chaque scène, de chaque instant. Nous savourons le grand privilège qui est le nôtre de faire ce que nous adorons : jouer !
Nous serons rappelés plusieurs fois au salut final, la plupart des spectateurs nous applaudissant debout ! Il semblerait que nous ayons rempli notre mission ! On est heureux, même si c'est déjà fini !
Nous nous changeons, démontons et rangeons le décor dans notre remorque. Quelques spectateurs attardés viennent nous féliciter, nous dire des mots gentils... Quel plaisir !
Nous redescendons ensuite en ville, un peu fourbus, pour boire un verre et savourer ces instants inoubliables, relâcher la pression en en buvant une.
Nous aurons encore beaucoup de compliments le soir au dîner. Dîner après lequel nous retournons à l'Étoile pour voir "Lebensraum", d'Israël Horovitz, par la compagnie suisse La Catillon. Un spectacle qui démarre sur les chapeaux de roue, avec des trouvailles et des accessoires hilarants. Le rythme est soutenu, les comédiens sont bons, mais l'écriture induit ensuite des longueurs qui nuisent un peu à cette cadence endiablée. Un très bon spectacle malgré cela, bien entendu.

"Lebensraum" par La Catillon
Photo : Émile Zeizig

C'est dimanche, il faut rentrer. Mais avant cela, nous faisons un détour par l'incontournable rendez-vous quotidien des "Fausses sorties", animées par Philippe Chignier, et qui consistent à évoquer, autour d'un café, les spectacles vus la veille en compagnie des spectateurs, des comédiens, des metteurs en scène et des organisateurs. Sachant que nous devons prendre la route, Diktat est présentée en premier. Le thème politique soulève beaucoup de réactions, de discussions, c'est passionnant. Nous recevons encore des mots bien agréable pour notre prestation de la veille. Nous resterions décidément bien là encore un moment, mais il nous faut partir. Nous saluons l'assistance et quittons Châtillon-sur-Chalaronne, à la fois heureux et tristes.
Il nous reste maintenant à travailler un nouveau spectacle en espérant pouvoir revenir le présenter ici. Au boulot !

Yves

A suivre...

samedi 3 juin 2017

Ain tiens vaut mieux...

Affiche de la 31ème édition du festival
Qu'est-ce que ça fait du bien ! Qu'est-ce que c'est agréable ! Six ans ! Six ans que nous n'étions pas revenus à Châtillon-sur-Chalaronne ! On avait bien eu un petit espoir en 2016, mais les critères de sélections d'alors avaient écarté Diktat d'une éventuelle programmation. Ce n'était que partie remise : notre candidature 2017 a été acceptée, pour notre plus grand bonheur.
Nous allons y revenir, mais avant cela, il s'est évidemment passé pas mal de choses, notamment depuis le précédent article qui date tout de même de septembre 2016 ! Il était temps !
On parlait alors du merveilleux Festival d'Avant la
Pluie, à Aubagne. Eh bien, figurez-vous qu'on ignore aujourd'hui si ce festival fêtera une année de
Diktat à la MJC d'Aubagne en septembre 2016
plus en 2017 puisque la municipalité a tout simplement refusé de soutenir la MJC l'Escale, là où se déroulaient ces délicieuses festivités théâtrales. La MJC est désormais fermée. Malgré les luttes, soutiens de toutes sortes (vidéo de Nicole Ferroni), Monsieur Gérard Gazay, maire LR de la ville, est resté inflexible : plus de subventions, plus d'aides, plus rien ! Merci Monsieur le maire !
La Cordée au théâtre de l'Escale à St Cyr-sur-Loire en octobre 2016
Pour ce qui nous concerne, et suite à notre Premier Prix Festhéa régional PACA décroché en avril 2016 à Nice, nous sommes logiquement allés en Finale Nationale à St Cyr-sur-Loire (agglomération de Tours) ; c'était en octobre dernier. Diktat a reçu un accueil fabuleux du public, et cela a été l'occasion de faire des rencontres inoubliables, comme celle avec le Coche-Cuche Théâtre de Cusset (Allier) - qui a décroché la Tour de Bronze avec sa pièce Building de Léonore Confino - ou encore des retrouvailles toujours bien agréables avec d'autres compagnies.
L'affiche de Building par le Coche-Cuche Théâtre
Pour le reste, pas grand-chose à ajouter ; les rouages de Festhéa National ne sont pas toujours très compréhensibles...







Heureusement, il y a d'autres nombreuses occasions de se réjouir : l'accueil reçu en novembre à Tanneron
Diktat à Tanneron
(Var) notamment, à la fois de l'équipe organisatrice (La Compagnie Lou Rideou) et du public présent. Public parmi lequel Monsieur François Cavallier, maire de Callian et Conseiller Départemental du canton de Fayence, seul élu du Pays de Fayence à avoir vu notre spectacle : qu'il en soit ici une nouvelle fois remercié.
On ne s'étendra pas sur notre représentation au Théâtre Athéna de Nice, en janvier, sinon pour remercier une nouvelle fois les ami(e)s présent(e)s  : la fidèle Florence et les copains, ainsi que nos adorables sélectionneurs de Châtillon, Chantal et Guy. Sans eux, c'était l'annulation pure et simple !

Inutile de vous dire que nous avions soif de public.
L'affiche des 24èmes Rencontres Théâtrales d'Estoublon
Et quoi de mieux que les XXIV° Rencontres Théâtrales d'Estoublon (Alpes de Haute Provence) pour étancher cette soif ? Rien !

Pour notre quatrième participation à ces rencontres, ce ne fut que du plaisir. Plaisir de retrouver Gilles et ses géniaux compères sous un grand chapiteau que nous découvrons et qui accueille 250 personnes. Un accueil toujours aussi chaleureux, convivial bref sans prise de tête. Organisées de main de maître par la compagnie Le Poil de la Bête, ces rencontres constituent aussi, et ce n'est pas négligeable dans un petit village tel que celui d'Estoublon, une garantie d'avoir du public. Un public fidèle qui découvrira Diktat avec une certaine ferveur, pour notre plus grand bonheur. Oui, les Rencontres d'Estoublon sont décidément une escale de choix.



Le chapiteau

Le même chapiteau vu du ciel

Les Rencontres de St RaphaëlPetite déception pour le festival de St Raphaël où nous avons donné Diktat le 14 avril devant un public clairsemé. Certes, l'horaire de 19h un vendredi veille de week-end prolongé n'était pas l'idéal. Heureusement, la trentaine de spectateurs présents a clairement apprécié notre représentation et c'est bien là l'essentiel.


L'ancien hôpital de Châtillon-sur-Chalaronne abritant la salle Gérard Maré

Et puis donc, il y a eu Châtillon-sur-Chalaronne. Mais avant d'évoquer ce rendez-vous si désiré, si attendu, il convient de remercier ici Chantal et Guy Malécot, sans qui notre sélection n'aurait peut-être pas été aussi évidente. Grâce à eux, nous avons donc pris la route de l'Ain ce jeudi 25 mai, sous un soleil radieux.
Diarra et Hélène à la régie
Nous avions déjà été sélectionnés au festival de Châtillon-sur-Chalaronne en 2011 avec La mastication des morts de Patrick Kermann que nous avions donnée à Neuville-les-Dames, à quelques kilomètres de Châtillon. Un excellent souvenir pour nous… et pour le public, visiblement. La notoriété (ô combien justifiée !) du Festival National de Théâtre Contemporain de Châtillon-sur-Chalaronne nous avait alors été confirmée de visu. Il nous tardait donc de renouveler cette belle expérience, non seulement pour y jouer de nouveau, mais aussi pour la qualité de la programmation, l’accueil et l’organisation irréprochable du festival, sans oublier les délicieuses rencontres qu’on y fait ou les retrouvailles avec des compagnies amies. Châtillon-sur-Chalaronne est pour nous gage de qualité sur toute la ligne.
Jouer à Châtillon-sur-Chalaronne constitue pour nous
Une salle préparée aux petits oignons par l'équipe technique
une récompense, incontestablement. C’est une réelle reconnaissance pour notre travail. Comme nous le disions plus haut, ce festival est l’un des plus prestigieux à l’échelon national, il est gage de qualité ; jouer ici est donc pour nous un signe tangible que le travail effectué est digne d’être montré sur les plus belles scènes du théâtre amateur. C’est aussi le luxe du théâtre amateur de pouvoir monter des textes exigeants, engagés. Sans la ou les pression(s) de toutes sortes dont les professionnels peuvent être l’objet.

Corine et Yves avec Guy Malécot
Une autre facette non négligeable du festival de Châtillon-sur-Chalaronne concerne aussi les spectacles qui nous sont donnés (au sens littéral du terme !) à voir. Là aussi, c’est une sorte de récompense car la qualité est au rendez-vous. Voir le travail des autres troupes est incontestablement enrichissant, dans tous les domaines. On citera notamment la Compagnie du Mascaret et son spectacle "Des fleurs pour Algernon" magistralement interprété par Didier Terqueux qui nous a fait forte impression.


Didier Terqueux dans "Des fleurs pour Algernon"

Pour conclure, nous dirions que le festival de Châtillon-sur-Chalaronne possède une rare vertu : l’humilité. Un festival qui ne se prend pas la tête mais qui assure, un festival de pleine maturité. Il n’aurait d’ailleurs pas soufflé sa trente-et-unième bougie cette année sans ces précieuses qualités. Alors comment ne pas terminer par un grand coup de chapeau à l’équipe de tou(te)s les bénévoles ? C’est sur eux que repose le festival, évidemment. Grand bravo et merci à eux !


"Brassens et les femmes" par la Cie Croq'Sésame
La très sympathique Compagnie Croq'Sésame dans un bel hommage à Brassens



Nous aurons très bientôt l'occasion d'être encore présents dans un autre festival national de grande notoriété : celui de Narbonne où nous aurons le plaisir de jouer Diktat le 27 juin à 21h45 dans le prestigieux Palais des Archevêques. Et ce sera une première pour la Cordée. Bien sûr, on vous racontera.


Yves