mardi 17 mai 2016

On a osé !

Les 70 ans des Foyers Ruraux
D’emblée, je rendrai ici à César ce qui est à César ; à savoir le témoignage de toute notre reconnaissance à Isabelle Vintenon (animatrice à la Fédération Bidépartementale des Foyers Ruraux 83-06) qui a défendu bec et ongles notre participation à cette opération « Ose ton village » proposée par la Confédération Nationale des Foyers Ruraux (CNFR) à l’occasion de ses 70 ans célébrés la semaine dernière à l’île d’Oléron. Sans elle et son abnégation légendaire, il n’y aurait pas eu Diktat à Grand-Village-Plage. Qu’elle en soit ici une nouvelle fois chaleureusement et vivement remerciée, au-delà même de l’amitié qui nous lie.
À travers cette reconnaissance, nous ne pouvons évidemment pas oublier le Foyer Rural de Fayence-Tourrettes, notre association de tutelle, et sa présidente Régine Lavergne, sans qui cette escapade atlantique n’aurait pu avoir lieu. Sans qui la compagnie de la Cordée n’existerait pas, tout simplement ; il est toujours bon de le rappeler.
Isabelle sur le stand de la Fédé 83-06
Aussi, cette programmation inespérée pour nous, petite compagnie amateur du Var, à près de 1000 kilomètres de Fayence, fut un challenge que nous nous sommes fait une joie de disputer, bien entendu. Ce voyage a donc nécessité un minimum de préparation et une disponibilité totale pour ces quelques jours au service des Foyers Ruraux à qui on devait bien ça.


940 kilomètres à oser !
Première étape : Fayence – St Jean-de-Thurac (47)

Tout est prêt et nous prenons la route dès 8h30 ce jeudi 12 mai. Petite halte à Puget-sur-Argens où nous attend Gérard, l’un de nos deux fidèles régisseurs, et nous voilà sur l’autoroute pour les 632 kilomètres qui nous séparent de notre étape du Lot-et-Garonne, à St Jean-de-Thurac. Nous y parvenons vers 17h30 après un voyage sans problèmes. L’auberge qui nous accueille s’appelle La Poule à Vélo et c’est une merveille.
Bordeaux-Sète sur l'eau

Installée dans une ancienne maison-éclusière sur le bord du Canal des Deux Mers qui relie Sète à Bordeaux, nous y trouvons Christelle qui nous accueille avec sourire et convivialité. Nous savourons comme il se doit cette halte dans ce havre de paix, et après nous être installés, nous sirotons, au bord du canal, une délicieuse bière fraîche, locale et bio, en compagnie de nos hôtes et… d’un magicien. Oui, un vrai magicien, un vrai saltimbanque comme on les aime, qui parcourt le monde avec ses merveilleuses prestidigitations ou autres musiques médiévales dont il est également un fervent pratiquant. Son nom ? Stéphane Deret. Il nous émerveillera tout au long de cet apéro inoubliable, chaleureux, paisible et amical. Encore merci à lui pour cet instant de bonheur tout simple.


La délicieuse et paisible auberge de La Poule à Vélo au bord de l'eauGérard, Yves et Corine : repos !
Stéphane et GérardLa Poule à Vélo, au bord de l'eau


Inutile de vous dire que nous vous recommandons chaudement cette merveilleuse adresse, parce qu’au-delà du lieu lui-même, la cuisine de Christelle est elle aussi des plus… magiques. Tout est fait maison, les produits sont locaux et excellents. Sans parler de la carte des vins, dont le Buzet (Domaine du Pech), conseillé par Christelle, qui nous chavirera de bonheur.
Après une douce et calme nuit et un petit déjeuner bien sympa, nous quittons Christelle et sa Poule (avec l’assurance de revenir) et reprenons la route ; n’oublions pas qu’il nous reste encore plus de 300 kilomètres à parcourir.

N'abusons pas du Buzet !


Deuxième étape : St Jean-de-Thurac – Le Grand-Village-Plage (17)

Gérard, Yves, Jean-Paul, un bout de Laly, Diarra et Isabelle
Nous arrivons un peu avant midi sur l’île d’Oléron, dans la commune du Grand-Village-Plage. La CNFR a bien fait les choses puisqu’avec l’aide de la Fédération des Foyers Ruraux de Charente-Maritime, un village-vacances entier a été réservé pour l’occasion : on n’a pas tous les jours 70 ans ! Nous sommes accueillis par les nôtres, Diarra, Isabelle, Jean-Paul, Nicole et Prisca, sans oublier Laly bien entendu, Coralie, Delphine, Fred, Danielle et Cathy nous rejoignant le soir même. Petite dégustation de vins locaux sur le stand de la Charente-Maritime, puis nous nous installons. Nous découvrons ensuite la salle de spectacle où nous devons donner Diktat le soir même, puis nous passons à table, dans le grand réfectoire qui accueille tous les foyers ruraux de France et d’Outre-Mer.

Installation et réglages
Gérard tout en haut de l'échelleDiarra aux manettes

Nous déchargeons ensuite les décors de la remorque et commençons à installer l’espace scénique. Réglage du son, des éclairages, tout se passe parfaitement bien et nous avons largement le temps, Corine et moi, de nous faire une italienne dans l’après-midi.
La représentation est prévue à 21h et nous sommes largement prêts. Un ajustement de l’horaire sera toutefois nécessaire pour que le concert du soir ne se télescope pas avec la pièce de théâtre. Bien que Diktat soit avancée d’une demi-heure, tout se déroule merveilleusement bien et les spectateurs, pour certains interrompus pendant leur dîner, commencent à arriver dans la salle, pour notre plus grand bonheur. La magie, là encore, de l’univers des Foyers Ruraux, la bonne intelligence de l’Éducation Populaire : rien à dire, on se sent bien dans cet environnement-là !

"D'après vous, Docteur ? Pas d'enfant, non."

Nous pouvions craindre qu’une pièce telle que Diktat n’ait pas sa place dans un tel rassemblement convivial, à l’ambiance festive, chaleureuse et amicale ; il n’en a rien été ! Le public a été captivé d’un bout à l’autre et, une fois encore, nous n’avons eu que d’adorables témoignages à l’issue de la représentation. On a osé, mais le public aussi et c’est bien là l’essentiel. Notre « mission » au service du mouvement rural a été accomplie et nous en sommes profondément ravis.

Diktat-lantique

Tourisme et retour

Le village fortifié de Hiers-Brouage
La journée du samedi nous a permis de découvrir l’île, mais aussi le village de Hiers-Brouage dont les fortifications datent du XVI° siècle et où serait né, semble-t-il, le géographe Samuel de Champlain, fondateur de la ville de Québec.

Les fortifications de Hiers-BrouageLes anciennes petites maisons des ostréiculteurs oléronais


Notre dernière soirée se déroula sous le signe de la Martinique, puisqu’une délégation de sa Fédération des Foyers Ruraux avait traversé l’Atlantique pour l’occasion. Au programme, de succulents accras, des boudins antillais arrosés de ti-punch et de planteur ! Et une ambiance des plus festives, inutile de le dire ! Il fallait néanmoins penser au retour et surtout au réveil réglé à 4h30 pour un départ fixé à 5h30 ! Ça n’a pas été facile, on s’en doutera. Mais bon, les meilleures choses ayant elles aussi une fin, il a bien fallu se résoudre à raccrocher la remorque et à prendre ce départ.

A la santé des Foyers Ruraux !

Un peu moins de douze heures plus tard, nous revenions dans notre Var, des souvenirs plein la tête, avec l’incomparable plaisir d’avoir fait de belles rencontres, partagé de délicieux moments et tout cela dans une ambiance « Foyer Rural » dont il conviendrait décidément de statuer sur une appellation d'origine contrôlée tant cette saveur est à protéger.

Yves

"L'impression de quitter un rêve" Enzo Cormann in Diktat

Les légendes des photos apparaissent en survolant les images. Un clic sur celles-ci les agrandit.

mardi 19 avril 2016

Pour un théâtre ama-ssionnel...

Affiche du XVIII° Festival de Théâtre Amateur - Marseille 2016
J’aimerais évoquer ici le bonheur d’une troupe amateur lorsqu’elle est confrontée à des conditions techniques et humaines professionnelles. Et c’est ce que la Cordée a eu le plaisir de vivre tout récemment, d’abord à Marseille, ensuite à Nice.
Notre "attelage" devant le Parvis des ArtsJe tenais donc à travers ces quelques lignes à saluer l’initiative de la FNCTA des Bouches-du-Rhône dont le président Alain Sisco se bat depuis des années pour ouvrir les théâtres professionnels aux amateurs, notamment dans le cadre du Festival annuel de Théâtre Amateur de Marseille. Ainsi, des structures prestigieuses comme le Théâtre de la Criée, le Toursky, le Théâtre de Lenche, le Lacydon ou le Parvis des Arts pour ne citer qu’eux, acceptent chaque année de lever leur rideau sur le théâtre amateur. Mais ils ne se contentent pas de « laisser les clefs » ; ils jouent totalement le jeu en offrant tous les services habituellement réservés aux professionnels.
Ainsi pour notre part, ayant eu la chance d’être sélectionnés quatre fois à ce festival, nous avons pu fouler les planches du Théâtre Off en 2004 avec Mégaphonie de Louis Calaferte, celles du Théâtre de Lenche en 2006 avec Naufrages de Jean-Michel Ribes et Slawomir Mrozek, celles du Toursky en 2011 avec La mastication des morts de Patrick Kermann, et celles du Parvis des Arts le 8 avril dernier avec Diktat d’Enzo Cormann.
Alexis, Fabien et Diarra aux réglages lumièresQue du bonheur ! Jouer dans de telles conditions est un réel privilège pour les amateurs que nous sommes. Au nom de la troupe, je tiens ici à saluer une nouvelle fois l’équipe du Parvis des Arts pour son accueil et sa disponibilité, notamment par l’entremise de son régisseur Fabien (et de son assistant Alexis) qui a été à notre entière disposition de notre arrivée jusqu’à notre départ du théâtre.
Le travail des amateurs est fréquemment honorable quand on connaît les périlleuses conditions de représentation qui surviennent parfois ; quand un réglage son, une implantation lumière sont effectués à la dernière minute, juste avant l’entrée en scène et qu’on endosse le personnage en sueur, en stress, sans concentration, sans même avoir eu le temps de jouir d’un trac salutaire ! Quel délicieux plaisir alors de se frotter au confort professionnel, où rien n’est laissé au hasard, où l’on a le temps d’avoir le temps ! Où l’on entre sur scène en totale sérénité, malgré le trac.

Diktat au Parvis des Arts - Photos : FNCTA CD13

Nice very nice !

L'entrée du Théâtre Francis Gag, dans le vieux Nice
Plus récemment, nous avons pu également bénéficier des mêmes conditions professionnelles puisque nous avons donné Diktat au Théâtre Francis Gag à Nice. Là encore, grâce à l’accueil de son directeur Pierre Ballay et de l’équipe technique, Stéphane et David, nous avons pu jouer dans des conditions idéales, malgré le fait que cette représentation s’inscrivait dans le cadre du festival Festhéa (PACA) avec ce que la copieuse programmation de cet évènement  implique en termes de timing. Là encore, tout était réuni pour que nous donnions au public le meilleur de nous-mêmes.

Affiche 32ème Festhéa PACA


Festhéa quatrième !

Affiche Diktat Nice
Le festival Festhéa est une compétition du théâtre amateur qui se déroule en deux étapes : après que les organisateurs de chaque région ont sélectionné des spectacles à travers l’ensemble de leur territoire, la première phase les réunit pour une confrontation régionale. La troupe qui obtient le Premier Prix de sa région accède ensuite à la deuxième phase, à savoir la Finale Nationale qui réunit tous les Premiers Prix de chaque région. Historiquement, cette finale se déroule à Tours (37) ou dans sa région. Pour notre part, c’était la cinquième fois que nous étions en compétition en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur : en 2003 avec Mégaphonie, en 2006 avec Naufrages, en 2008 avec Le numéro d’équilibre (d’Edward Bond), en 2010 avec La mastication des morts et cette année avec Diktat. Sur ces cinq participations, nous avons eu le plaisir d’accéder quatre fois en Finale Nationale (seul Le numéro d’équilibre ne fut pas retenu en 2008).
Si l’on doit à la vérité de dire que notre participation 2016 s’inscrivait plus dans une volonté de jouer à Nice plutôt que de concourir réellement, l’idée de décrocher ne serait-ce qu’une récompense était néanmoins séduisante. Nous n’imaginions pas du tout un tel épilogue.

Le Premier PrixLe Prix des Organisateurs

Et pourtant, c’est bien ce qui est arrivé pour notre plus grande joie : nous avons obtenu le Premier Prix et à l’unanimité des membres du jury ! Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, nous avons également été honorés par le Prix des Organisateurs, lui aussi décerné à l’unanimité ! Nous irons donc une nouvelle fois en Indre-et-Loire représenter la Région PACA en Finale Nationale Festhéa, en octobre prochain.
Si cette reconnaissance nous touche évidemment personnellement, nous sommes également très fiers que ce Premier Prix couronne une telle œuvre. Au-delà de la qualité supposée du spectacle et de l’interprétation que nous en avons faite, nous nous devons de saluer aussi la pertinence, voire « l’audace » des membres du jury qui ont osé sacrer un pur drame d’une actualité et d’une ampleur certaine. Inutile de dire dans ces conditions que nous partageons bien volontiers ce succès avec Enzo Cormann qui, avec ce texte, nous a offert un bijou théâtral. Le verdict du jury est donc de fait un acte politique au sens littéral du terme, tout comme l’est ce texte de Cormann et comme devrait l’être plus souvent le théâtre en général et le théâtre amateur en particulier.
Il me paraît important que le théâtre amateur, qui n’a, a priori, aucune contrainte financière, aucune contrainte partisane quelconque (luxe suprême des amateurs), s’engage un peu plus nettement dans « la vie de la cité » ; il y va aussi à mon sens, aujourd’hui plus que jamais, de la survie du civisme et de la citoyenneté. Il serait bon qu’on accepte l’idée que le théâtre amateur ne doit pas faire rire coûte que coûte. Car parfois (souvent ?) et par facilité, le rire devient le sale de l’Homme.
Et ce ne sont pas les textes qui manquent, on le sait.

Corine Guillerault est ValYves Guillerault est Piet

Merci à vous tous !
Pour Marseille : Alain Sisco, Marion Agresti, Ève Lamarche et, plus largement l’ensemble de l’équipe du CD13 de la FNCTA ; Fabien et l’équipe du Parvis des Arts ainsi que Bernard Di Stéfano.

Pour Nice : Isabelle Wieber, déléguée Festhéa PACA et toute l’équipe des bénévoles (Laurence, Edith, Jean-Noël, Francesca, Betty, Georges, Marie, Stefano) ;
Pierre Ballay, directeur du Théâtre Francis Gag et ses régisseurs géniaux que sont Stéphane et David.
Le jury : Chantal Dervault, Monique Carriat, Micheline Delcros, Ralf Schutte et Guy Landin ; Vanessa, Mirlind, Sandra et Eliott.
Arlette Fétat pour ses pertinentes remarques.

Et bien évidemment, à l’incontournable ami Jérôme Arcamone pour « l’ensemble de son œuvre » au sein de Festhéa (et Festhéa PACA) à qui nous dédions ce Premier Prix, du fond du cœur.
Et bien sûr le Foyer Rural de Fayence-Tourrettes qui a permis depuis seize ans maintenant l’existence et l’évolution de la compagnie de la Cordée.

Merci à toutes et tous !


Yves


Attestation de sélection en finale nationale Festhéa 2016



mercredi 23 mars 2016

Les sacres du printemps

Beaucoup de bonnes nouvelles, en effet, ces derniers temps. La joie de voir se multiplier les dates de représentations, ce qui est évidemment plaisant (et rassurant), notamment après les doutes qui ont été les nôtres en 2015. Diktat est invariablement perçue avec intérêt par le public et c'est une réelle satisfaction.
Nos représentations printanières de Diktat
Le fait que le spectacle ait été sélectionné au "XVIII° Festival de Théâtre Amateur - Marseille 2016" fut à lui seul un grand bonheur. Et quand s'ajoute à cela notre participation aux présélections régionales P.A.C.A. (à Nice) du festival national Festhéa, nous sommes aux anges ! Tout cela nous prouve qu'un bonheur n'arrive jamais seul si l'on en veut pour preuve le fait que nous soyons également retenus à l'occasion du congrès national des 70 ans des Foyers Ruraux, à l'Île d'Oléron en mai. Oui, que du bonheur, avec les représentations de Draguignan ou Guillaumes qui s'ajoutent à tout cela.
Il semblerait même que l'aventure Diktat soit loin d'être terminée, puisque déjà l'automne nous promet de prestigieux rendez-vous tel que l'est, assurément, le Festival "Sur Un Plateau" à Annecy où nous jouerons mi-septembre. Plus près de nous, Tanneron nous accueillera également en novembre, et nous espérons participer aux festivals de Cavalaire (cet été) et Aubagne en septembre.
Une petite ombre à ce tableau idyllique cependant, puisque nous avons eu l'immense regret de ne pas être retenus pour faire partie de la fête du XXX° Festival National de Théâtre Contemporain de Châtillon-sur-Chalaronne (Ain). Ayant eu la joie d'y jouer en 2011 (avec La mastication des morts de Patrick Kermann), nous mesurons à sa juste valeur cette cruelle absence et savons ce que nous ratons. Maigre compensation, les discussions qui semblent avoir agité le comité de sélection pour ou contre notre sélection ; cela s'est visiblement joué à un cheveu. Croisons les doigts pour l'année prochaine !

Article Var Matin du 19 janvier 2016

Article-info Var Matin du 17 mars 2016Autres récompenses récentes : les articles élogieux dont nous avons bénéficié de la part de Christian Godet, correspondant de presse pour Var Matin. Rares sont ceux de sa catégorie qui prennent la peine d'assister à l'intégralité d'un spectacle afin de le relater en toute connaissance de cause ! Qu'il en soit ici une nouvelle fois chaleureusement remercié, à l'image de son collègue Bernard Giuli qui avait pareillement œuvré lors de notre représentation à Ampus en septembre 2015.

Yves




vendredi 1 janvier 2016

Que 2016 nous apaise !

Il est effectivement à espérer que cette nouvelle année qui s'annonce soit un peu moins douloureuse que la précédente ; c'est en tous cas ce que souhaite, ce que vous souhaite la Compagnie de la Cordée.
Sincèrement, nous vous souhaitons une excellente année 2016 !
Nous espérons pour notre part jouer encore quelques fois Diktat qui devrait d'ailleurs réellement prendre son envol cette année, si l'on en juge par les échéances à venir.
Nous avons eu notamment et tout récemment la joie d'apprendre que nous étions sélectionnés au XVIII° Festival de Théâtre de Marseille avec cette pièce, et nous aurons donc le plaisir de fouler la scène du Parvis des Arts le vendredi 8 avril à 20h30.
Avant cela, nous serons tout prochainement "à domicile", puisque nous jouerons à nouveau Diktat à Fayence, le 16 janvier mais cette fois dans notre lieu si cher, le 1000 Clubs. Ce sera toutefois un réel challenge de jouer ce soir-là, puisque le comité de sélection Festhéa PACA sera présent pour valider ou pas notre présence aux sélections régionales de ce festival de théâtre amateur national. Nous enchaînerons ensuite le 19 mars à 20h30 à la salle polyvalente de Seillans, puis le mardi 5 avril au Bucéphale de Draguignan (toujours à 20h30).
Nous espérons bien sûr d'autres sélections, notamment pour les prestigieux festivals de Châtillon-sur-Chalaronne (Ain) en juin ou le Théâtre sur un Plateau à Annecy (Haute-Savoie) en septembre. Il paraîtrait même qu'on serait bien placés pour jouer en mai à l'Île d'Oléron, à l'occasion des 70 ans des Foyers Ruraux ! Mais bon, rien n'est encore confirmé ; on vous en dira plus très vite !

Allez, très Heureuse Année à vous et au plaisir de vous rencontrer !

La Cordée

dimanche 18 octobre 2015

Sortie de rentrée

Nous devons reconnaître que nous n'avons pas été très productifs en 2015 sur ce blog : il était temps de réparer ce manquement.
Il faut dire, à notre décharge, que nous n'avons pas eu une actualité débordante, hélas, depuis les premières mouvementées de Diktat (voir article précédent). Nous qui comptions jouer et rejouer cette pièce aussitôt après ces premières avons bien été obligés de nous rendre à l'évidence : la plupart des programmations des festivals 2015 étaient déjà bouclées au moins jusqu'à l'été ; donc, leçon N°1, à l'avenir, ne pas présenter de première en janvier.
L'affiche DIKTAT signée EmporiumIl a donc fallu fouiller, prospecter, chercher, creuser, pour trouver des salles prêtes à nous accueillir en dehors de toute programmation : ce n'est déjà pas facile avec un spectacle "normal", mais avec une pièce telle que Diktat, je vous laisse imaginer les fins de non recevoir que nous avons dû essuyer !
La première personne à nous avoir ouvert sa porte est Christian Chilli, président de l'association Emporium à Ampus, petit village varois non loin de Draguignan. Nous avions déjà été conviés par Emporium dans la salle municipale de ce village pour une lecture consacrée à Albert Cohen en 2011 et n'avions pas pu y donner La mastication des morts pour raisons techniques.
La réponse de Christian Chilli lorsque nous lui avons soumis notre proposition est à mettre en exergue sur le "Petit Manuel des Programmateurs de Spectacles" : "Nous n'avons pas du tout l'habitude de
Gérard, Corine et Yves
programmer ce genre de pièces à Ampus, donc... on va la programmer !" Voilà qui est gonflé dans un petit village de 1000 âmes, non ? Respect ! Une belle leçon pour ceux qui s'abritent derrière des "Ce n'est pas pour mon public" ou "cette pièce n'entre pas dans le genre de notre programmation"...etc, sous-entendu, on préfère ne pas prendre de risques et continuer de proposer l'artillerie lourde (parfois très lourde !) à un public qui ignore peut-être à quel point il est méprisé par ses programmateurs qui ne veulent que "son bien". Difficile de faire bouger les choses avec une mentalité aussi figée. A quoi bon proposer des spectacles de théâtre si c'est pour reproduire l'anesthésie télévisuelle généralisée ?
Article de Bernard Giuli (Var Matin 14/09/15
Nous sommes donc ravis, ce 11 septembre 2015, de poser nos décors dans la salle polyvalente d'Ampus. On oubliera très vite les petits soucis d'ordre technique, grâce à la mobilisation sans faille de l'ensemble des membres de l'équipe d'Emporium pour que tout se déroule le mieux possible ; encore un immense merci à eux ! Et miracle ! le public a répondu présent ! Bon, certes, ce ne sont pas les mille Ampusiens qui sont tous venus voir Diktat, mais une quarantaine d'entre eux, spectateurs attentifs, sensibles au sujet de la pièce et à notre jeu. Le pari initial de Christian Chilli est gagné et c'est bien là l'essentiel. Et pour notre part, le souvenir de cette soirée fera définitivement partie des meilleurs de la Cordée avec, en prime un article bien sympathique dans Var Matin.



Affiche ThéâtrÔ4 2015Une autre personne qu'il convient de saluer ici s'appelle Gilles Grazilly, de la F.N.C.T.A. des Alpes-de-Haute-Provence. Nous lui devons toute notre gratitude pour avoir soutenu Diktat et obtenu sa programmation au Festival ThéâtrÔ4 de Dignes-les-Bains (04). Nous y avons donc joué le 19 septembre, dans le très joli théâtre René Char. Là encore, grand bonheur de jouer devant un public des plus attentifs, des plus captivés par le propos d'Enzo Cormann et notre interprétation. Quel plaisir ensuite de recevoir les messages, oraux ou écrits, des spectateurs enthousiasmés par ce spectacle !
Photo Jean-Pierre Maunier (La Valette)Cette liste d'hommages ne serait évidemment pas complète si nous ne citions pas ici Anne-Marie Vautrin du Théâtre de l'Éventail (La Valette-du-Var)
qui, elle aussi, a jugé pertinent de nous programmer dans le XXIV° festival de théâtre de La Valette où nous nous sommes donc produits le 26 septembre dernier. Un Théâtre Marélios quasiment plein, des spectateurs toujours et encore séduits par ce spectacle et encore des messages adorables, dont celui d'Anne-Marie ou de Guy Foissy himself, qui nous vont droit au cœur.


On le voit, la rentrée a été bien chargée pour la Cordée, mais quand cette charge est synonyme de plaisir(s), comment s'en plaindre ?
Ajoutons à cela notre lecture, "En voyage", du 10 octobre à la bibliothèque de St Cyr-sur-Mer où la sympathique équipe de Céline nous a accueillis avec son incomparable convivialité ; vraiment dommage que le public n'ait pas suivi.
Enfin, et pour être tout à fait complet, il nous paraît ici incontournable de saluer le travail exemplaire de notre amie Isabelle Vintenon qui, lors de notre répétition de fin août à Fayence, a effectué une très talentueuse séance photographique dont vous pouvez trouver ici quelques échantillons remarquables. Un grand merci à elle !

Photo : Isabelle Vintenon Photo : Isabelle Vintenon

Photo : Isabelle VintenonPhoto : Isabelle Vintenon

Photo : Isabelle VintenonPhoto : Isabelle Vintenon

Photo : Isabelle Vintenon

Rappel: un simple clic sur chaque image l'affiche au format original

Et comment évoquer Isabelle sans parler de son compagnon, Issiaka Diarra, notre dévoué régisseur ?
Régisseur épaulé par le non moins impliqué Gérard Garnaudier venu enrichir la Cordée depuis la création de Diktat. Nous qui craignions d'avoir de grosses difficultés pour avoir un régisseur, nous en avons aujourd'hui deux : les meilleurs du monde !

Gérard et Issiaka en régie à Digne-les-Bains

Nous publierons bien sûr ici les prochaines échéances qu'on espère nombreuses, bien entendu. Mais nous sommes confiants : 2016 devrait être une bonne année pour Diktat et la Cordée.

YG

lundi 19 janvier 2015

Charlie-Enzo

Affiche Diktat avec bandeau
Pour les amateurs que nous sommes, mais aussi pour les professionnels sans aucun doute, l’échéance d’une première est synonyme d’anxiété(s), de trac, d’incertitudes certes, mais c’est aussi la joie, le bonheur suprême de grimper enfin sur la scène et de présenter le fruit de longs mois de travail au public. Les dernières journées avant le jour J sont en revanche un peu stressantes ; il faut s’assurer de la bonne marche des ultimes préparatifs, invitations, réservations, repas… etc. Nous ne saluerons jamais assez, pour ce qui nous concerne et à ce propos, l’équipe du Foyer Rural de Fayence-Tourrettes qui nous épaule indéfectiblement de façon remarquable. On pense ici à Lucile, Isabelle, Mireille, Coralie, Laurence, Chantal, Félix, Michel et Isabelle… pour ne citer qu’eux.
Nous devons donc avouer que dans de telles conditions, les « soucis » sont significativement atténués et on peut espérer n’avoir qu’à se concentrer pour donner le meilleur de nous-mêmes… sur scène.
Sauf que.
Sauf que nous ne pouvons tout maîtriser et surtout
pas l’actualité. Et quelle terrible actualité pouvait être plus accablante que celle de ce mercredi 7 janvier 2015 ?! Cet immonde attentat prenant pour cible l’équipe de Charlie Hebdo, fauchant ceux que nous considérions depuis toujours, sans même les connaître personnellement bien sûr, comme de très chers amis. Effroyable, barbare, stupide, inacceptable. Inutile de redire ici l’effroi suscité par cet événement et celui, parallèle, de la tuerie de la Porte de Vincennes.
Anéantis. Comme la plupart des Français, nous sommes anéantis, désespérés. Et pourtant, la vie doit continuer… The show must go on ! Nous devons jouer ces deux premières, nous devons plus que jamais porter les mots d’Enzo Cormann, les maux de ce monde furieusement terrifiant. Mais comment se concentrer dans de telles conditions ? Cette hécatombe est en nous, à chaque instant et les larmes coulent régulièrement pendant les deux jours précédant la première. Nous ne pouvions imaginer pire mise en condition !
Néanmoins, le fait de présenter Diktat, précisément, qui déjà en temps normal eût été un challenge, prend alors une tout autre proportion.
Pour ceux qui ne connaissent pas le propos et qui n’étaient pas présents à ces premières, nous devons préciser que le texte d’Enzo Cormann parle justement d’une prise d’otage dont la tournure dramatique, si elle n’a pas grand-chose à voir avec ces événements tragiques, débouche également sur un massacre. L’écho suscité est évidemment inévitable, incontournable et notre appréhension est pesante, indépendamment du fait que notre choix est absolument assumé, cela va sans dire. Ces deux représentations s’annoncent donc des plus particulières.
Nous apprenons peu avant de monter sur scène, vendredi 9, l’issue tragique de l’Hyper-Cacher de la Porte de Vincennes, ainsi que la mort des frères Kouachi abattus à Dammartin-en-Goële.
Voilà.
Le public entre, s’installe. Il faut y aller !
Nous parvenons malgré tout à habiter les deux personnages, à entrer dans le vif du sujet. Totalement. Nous sentons le public happé par les mots désespérés de Val, par la posture vacillante de Piet… Les spectateurs sont là, avec nous, figés, tétanisés par ce télescopage entre réalité et fiction.
Les applaudissements sont nourris, intenses, vrais, touchants, pendant un salut empreint d’une grande émotion.

Val (Corine Guillerault) et Piet (Yves Guillerault)

Nous aurons le même sentiment, le lendemain samedi, avec un public aussi captivé et, une représentation tout aussi intense et, pour nous, la conviction d’avoir fait le bon choix, indépendamment de cette insupportable actualité. Le théâtre est et doit être politique.
Plus légèrement, et puisque nous parlons ici de politique, il apparaît ici pertinent de saluer l’implication dans l’action culturelle des élu(e)s politiques locaux* qui, bien qu’invité(e)s à ces premières, n’ont pas daigné être présent(e)s, sans même s’en excuser au préalable, bien évidemment. Il est vrai qu’avaient lieu les mêmes jours (mais pas aux mêmes heures) les vœux de deux des huit maires du canton de Fayence ; une autre sorte de « représentation » bien plus importante, en effet, que d’aller voir d’obscurs théâtreux déjà assez subventionnés comme ça ! Ah ! Si seulement Cabu était encore là pour nous croquer tout ça !

6 des 12 victimes de la tuerie du 7 janvier 2015

Pour conclure, nous tenons à remercier également ici Christine Bernard et Daniel Lenglet pour leur sympathique dépannage de matériel vidéo qui nous a permis, à défaut d’avoir des photos, d’immortaliser ces deux premières de Diktat.
Sans oublier toute notre profonde reconnaissance à l’équipe des régisseurs de la Cordée, Félix, Diarra, Gérard et Frédéric. Notre totale gratitude va également à Pierre Tallou, régisseur de l'Espace culturel de Fayence, pour sa précieuse collaboration et ses judicieux conseils, et à son sympathique collègue Christian.

Diktat est maintenant sur les rails, et nous ne manquerons pas de vous indiquer le nom de toutes les gares où notre train s’arrêtera bientôt.

Et n’oublions pas : « Sous ce que l'homme nomme complaisamment sa grandeur, on ne trouve le plus souvent qu'un corps malingre et apeuré, un écheveau inextricable de calculs mesquins, de réflexes de sauvegarde, d'ambitions infantiles… Le roi est nu dessous l'armure. Nu et transi, pitoyable, futile… » (E. Cormann in Diktat)
Y.G.

*Les maires et adjoint(e)s de : Bagnols-en-Forêt, Callian, Fayence, Mons, Montauroux, St Paul-en-Forêt, Seillans, Tanneron et Tourrettes. Seul Monsieur Guillaume Decard, adjoint à la culture de la ville de St Raphaël (hors canton de Fayence, donc) a pris la peine de s’excuser ; qu’il en soit ici remercié.